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Deux mille dix-huit, toute l’année pour semer

[Ce billet contient beaucoup de liens externes liés à mon propos].

Ça y est on y est en 2018, une année qui a commencé sur les chapeaux de roues. On a été nostalgiques en écoutant du France Gall avec ma fille qui était triste de sa disparition. On a vu le film « Mariannes Noires » qui interroge la francité afro avec brio. On a essayé cinq secondes de garder notre sang froid face à des polémiques négrophobes à base de blackface entamé en 2017, de publicités insultantes et de réédition d’ouvrages grotesques et profondément racistes. On s’est laissé emporté par le dégoût et la colère face à une tribune signée par 100 gardiennes de l’ordre établi et défenseuses de la « liberté d’importuner », après avoir eu beau crier #metoo la moitié de l’année et enjoint de #balancerlesporcs à travers le monde pour faire entendre des voix féminines oppressées par le sexisme et le patriarcat. En aura-t-on fini un jour de devoir exposer sa douleur pour qu’elle soit prise en compte, de devoir encore se voir confisquer la parole par une poignées de détentrices de privilèges de classes et de race alliées à leurs homologues?

Je le vois bien que 2018 sera une année où il va falloir faire du forcing, s’imposer, économiser son temps sinon on ne ferait que ça, dénoncer, s’indigner, faire de la pédagogie. Je n’ai de pédagogie que pour les miens, mes enfants, mon conjoint, et puis peut-être aussi pour ma famille, ma communauté. Pour le reste, la réserve est épuisée, il va falloir vous éduquer seuls, où à coup de trick. parce que finalement, ce qui est insupportable dans ces histoires, c’est l’urgence. Ce qui est intolérable, c’est que le puits de l’ignominie des politiques prédatrices occidentales est sans fond, béant et qu’on ne voit plus que toute cette merde qui déborde, que tout les maux dont nous souffrons sont liés et qu’il va falloir faire table rase. Une révolution, oui, et ça urge. Pour tout le monde, les migrants, les femmes, les pauvres, les victimes de conflits, le monde noir, les travailleu.r.se.s, les esclaves, la faune et la flore, la planète entière.

Au cours de l’année qui vient de s’écouler, j’ai décidé de me faire du bien. Après m’être engagée en co-fondant le collectif afroféministe Sawtche avec une poignée de sistas, j’ai compris que l’engagement pour des idées est une vraie richesse à mes yeux. Je renonce définitivement à la passivité, je me mets en route avec détermination vers mes idéaux longtemps intériorisés. Et cette route est longue. C’est pourquoi je pense que 2018 sera une année d’endurance et de semences, essayer de planter des graines là où elles sont le plus susceptibles de donner des pousses qui sortiront de terre ou de nourrir des oiseaux qui voleront encore plus libres.

Et pour les jours où le monde tournera encore plus à l’envers, où la fatigue se fera plus intense, où les cernes deviendront opaques et le rire plus rare que la colère légitime, j’irais me lover dans des bras aimants, regarder mes enfants grandir, regarder la beauté du monde à travers un objectif, faire courir mes pinceaux et mes crayons sur les toiles tendues et écouter Casey et tant d’autres artistes me délivrer leur soul.

Je vous souhaite une excellente année 2018, pleine de prises de conscience. Je vous embrasse, et n’oubliez pas que ne rien faire c’est être complice. Réveillez-vous et politisez-vous! Afroféministe tant qu’il le faudra.

xoxo

 

 

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